Le soir du 13 Novembre j’ai eu la peur de ma vie ; un de mes trois enfants vit à Paris et, bien entendu, ce soir-là impossible à joindre car sa batterie était à plat. J’ai essayé de rester zen, du moins autant qu’on le peut dans ces circonstances.

Enfin à trois heures du matin, alors que je faisais les cents pas en face de mon poste de télévision, un bip réconfortant s’est fait entendre sur mon portable ; « j’avais plus de batterie, j’ai mis du temps à rentrer chez moi, ici c’est le b…., je me couche et t’appelle demain ».

Devant ma télé j’ai eu une pensée pour tous ces parents qui eux ne recevraient pas ce type de message. A ces milliers de parents, frères, sœurs, conjoints, grands-parents, amis qui espéraient, comme moi je l’ai fait, ce coup de fil qui pour eux ne viendrait pas.

Le weekend passé à essayer de comprendre devant le poste, prise dans une stupeur que tout le monde a partagée, j’imagine.

Le lundi, pas envie de faire ma minute de silence toute seule, comme une cruche, dans mon cabinet. J’ai donc trouvé une petite entreprise à côté qui a accepté de m’accueillir pour partager ce moment.

Tout a été dit, dans les journaux, à la télé, par l’homme de la rue et nos politiques. Tout a été dit et même le pire, surtout le pire. Je ne peux pas accepter qu’un premier ministre nous sorte que c’est comme ça, que  maintenant il va falloir s’habituer.

Je n’ai pas envie de m’habituer, pas envie de proposer ce monde-là à mes enfants. J’ai abandonné mes lectures orthophoniques pour me plonger dans d’autres livres ; essayer de comprendre par tous les moyens comment on en est arrivés là. Comment tout le monde savait et comment personne n’a rien fait.

 

Une consœur m'a prêté ce livre qu’elle fait circuler partout, j’ai donc eu deux jours chrono pour le lire. Intéressant mais aussi désespérant. En refermant le livre je me suis dit qu’on était foutus.