Porte des toilettes ouvertes, lumière allumée, gros caca dans la cuvette.

Le coupable est dans la salle d’attente avec sa mère puisque c’est le patient suivant ; Toto 8 ans.

« Dis donc Toto, viens voir un peu ici ! »

Il arrive suivi de sa mère qui continue en même temps à aligner les bonbons de candy crush sur son portable et ne lève pas les yeux.

« C’était comment ici avant que tu y ailles ? »

« …… ???...... ?????...... »

« Que faudrait-il faire pour que ce soit comme avant ? »

Toto, mutique, ferme la porte.

« Bravo Toto, mais il manque encore deux choses »

« …… ????........ ?????........ »

La mère ne bronche pas, elle s’en fout, ne voit pas le problème apparemment.

Moi je commence à perdre mon calme d’autant que là j’ai comme une envie de faire pipi et que je souhaiterai le faire dans un endroit un minimum accueillant ; « ce GROS caca là !!!, c’est à qui ? »

Et l’autre fier comme tout, avec une bonne tête de ravi de la crèche ; « à moi !!! »

Et l’ortho psycho rigide de se lancer dans une explication des familles ; on tire la chasse, on éteint la lumière et on ferme la porte , MERCI. Non mais !!!!

Je sais pas pour vos mômes, mais les miens ils avaient horreur d’aller aux toilettes à l’école. Quand on arrivait à la maison le soir c’était la bagarre pour les petits coins. Mes patients c’est pareil, ceux qui arrivent après l’école se jettent aux toilettes. Et c’est à peu près le même scénario pour tous ; ils laissent leur œuvre bien en évidence, n’éteignent pas, se lavent les mains en en mettant partout….

Je n’ai pas fait de statistiques mais mathématiquement ça fait un sacré tas de caca à l’année. Sauf que cette année ça va changer ; la guerre est déclarée.

Et ce n’est pas parce qu’il y a écrit CABINET d’orthophonie en gros sur la porte d’entrée qu’on peut tout se permettre !!!