Franchement, on a vraiment l’impression que ce truc c’est le Saint Graal. La timbale qu’il fut absolument décrocher. Tout le monde se bat pour l’avoir et tout le monde s’improvise prescripteur.

-La maitresse ; « elle a demandé un bilan récent », « elle veut un bilan d’évolution »….

-L’inspection académique qui ose t’envoyer un mail en te disant comment tu dois faire tes bilans et qui cherche même à t’imposer un protocole.

-La MDPH ; « elle veut un bilan récent, celui de l’année dernière ça ne va pas »

-La toubib scolaire ; pareil

Et j’en passe.

Bien entendu, tous les braves gens sus cités n’ont pas prescrit ce fameux bilan et ne sont même pas habilités à le faire (à part le médecin scolaire, qui délègue le plus souvent cette tâche au généraliste)

Là j’arrive à saturation. Je n’en peux plus de ces demandes incessantes et j’en ai plus qu’assez de devoir me justifier. En ce qui concerne la MDPH, j’ai mis la main sur un texte qui précise bien que l’on doit fournir le dernier bilan, pas un bilan de moins d’un an, ça, ce n’est écrit nulle part. Maintenant je rajoute un petit bout de la nomenclature à la fin de tous mes comptes rendus qui précise la fréquence des dits bilans. Plus une petite note de mon cru sur l’effet re test que le trop de bilans engendre.

J’en suis arrivée à un stade où je vais demander si l’enfant est pris en charge par la MDPH avant d’accepter le patient. Comme les toubibs qui ne veulent pas des CMU.

Pour l’instit, franchement, le sujet a déjà été évoqué maintes et maintes fois, mais pas grave, elles insistent, les bougresses.

Pourquoi je bosse en libéral, déjà ? Pour avoir mon indépendance, pour pouvoir gérer ma pratique comme je l’entends, pour ne pas recevoir d’ordre d’enquiquineurs …… Enfin ça, c’était avant.

Maintenant nous sommes des prestataires de services, des supermarchés du bilan orthophonique. Et j’en ai marre.

Ce sentiment partagé par tout le monde que les orthophonistes sont corvéables à merci est malheureusement entretenu par certaines consœurs qui « fricotent » allègrement avec les écoles. C’est comme ça qu’on en arrive à ces situations où les instits font la pluie et le beau temps dans nos cabinets, se permettent de recommander sans aucune gêne tel ou tel professionnel, ce qu’ils n’oseraient pas faire avec un généraliste ou même un kiné. J’ai des amies qui sont black-listées par certaines écoles au détriment de consœurs qui ne sont pas meilleures qu’elles, mais plus «souples », plus dociles, plus conciliantes et moins regardantes avec le secret professionnel et l’aspect confidentiel du bilan….