Il y avait longtemps que je voulais me le payer celui-là. A force d’échanges polis dans une ambiance hypocritement glaciale, je commençais sérieusement à sentir mes rouages internes chauffer et monter en puissance. Je me disais que le premier qui allait partir en vrille  et se ridiculiser serait le grand perdant de l’affaire et je craignais, vu ma grande gueule, d’être celle qui allait faire les frais de ces rapports détestables.

D’équipes éducatives en équipes éducatives, j’ai pilé tellement  de poivre que j’ai de quoi fournir la France entière pour le siècle à venir.

Mais hier ; JE L’AI EU !!! Et en beauté. Il ne l’avait pas vu venir celle-là (moi non plus d’ailleurs pour être franche).

Donc, sans se soucier du travail fait en libéral, ce cher psy scolaire tente tout pour détourner le patient du droit chemin, avec un peu de menace au passage, en vue d'une expédition en recommandé au CMPP.

Je rétorque que dans ce cas précis le CMPP ne me semble pas être la structure appropriée et explique à la famille qu’elle devra renoncer à tout son réseau libéral pour des soins réduits à la portion congrue, en moyenne une séance de n’importe quoi par semaine, sans compter les congés du personnel, les heures de réunion et j’en passe, ce qui fera une moyenne de deux séances par mois, hors vacances scolaires.

Sourire glacial, yeux en forme de mitraillette, ce charmant personnage me rétorque que mon opinion sur les CMPP il la connait, il s’en moque  ….. et j’en passe.

Je le laisse finir sa tirade et je lui cloue le bec (sourire mielleux de rigueur plaqué sur le visage) ;

-je me garderai bien de donner un simple avis, dans ce cas précis je ne parle que d’expérience.

Et là, ce que j’attendais depuis longtemps est enfin arrivé ; un pétage de plombs magistral, une vrille digne des plus grandes montagnes russes, un looping encore plus beau qu’au salon du Bourget, une merveille....

C'est qui qui a l'air d'un c... maintenant ? Franchement, pour un psy, perdre la maitrise à ce point, ça interroge.