Bon, c'est pas que j'y pense trop, elle n'est pas pour tout de suite.

Mais j'en ai un peu assez du débat qui anime nos médias en ce moment.

Il faut dire que je ne suis pas particulièrement concernée; moi de toutes façons mon derrière restera vissé sur ma chaise jusqu'à 65 ans, comme tous les libéraux. Je pourrais même jouer les prolongations si l'envie m'en prend, ce qui n'est pas sur. J'aime mon métier mais je m'imagine pas en "vieille" orthophoniste", même si la chirurgie esthétique fait des miracles. Je me vois bien, percluse de rhumatismes, jouer à la poupée ou aux petites voitures. Et puis le dentier pour rééduquer les troubles d'articulation, ça le fait pas, c'est pas pratique. Je le constate avec mes patients âgés, y'a aucune colle à dentier efficace, on a toujours un moment dans la séance où les ratiches se font la malle.

La CARPIMKO a maintenant un service qui vous permet (n'oubliez pas vos codes d'accès) de calculer ce que vous aurez comme retraite. Je l'ai fait, j'ai été courageuse, je n'ai même pas pleuré.

Je me suis dit qu'il était temps de gonfler mon Madelin, vous savez ce truc du nom du ministre qui l'a inventé, qui vous permet de préparer vous même votre retraite. Sauf que là, je peux pas. Avec ma descendance qui étudie, ou en tous cas fait bien semblant, les fins de mois sont compliquées. Mais je ne perds pas espoir, je me dis qu'ils auront un jour un cerveau assez rempli pour enfin gagner leur croute (depechez vous les petits, j'en peux plus !!) et que comme j'ai appris à vivre chichement ces dernières années, ce qu'ils ne me couteront plus ira en partie en capitalisation.

On peut rêver, non ?

Allez, on ne va pas trop se plaindre. La pénibilité du métier est quand même largement supportable et je devrais pouvoir arriver à la retraite moins usée qu'un ouvrier de chez PSA.

La retraite, c'est comme le reste, il y a des doubles vitesses, voire des triples ou des quadruples. Exemple dans mon entourage; une instit de 45 ans, mère de trois enfants qui prend sa retraite cette année, taux plein. Et en face, la mère d'une amie, ouvrière, qui a commencé à 16 ans et qui doit tirer encore un an jusqu'à 60 ans alors qu'elle a ses trimestres depuis belle lurette. Je n'y comprends pas grand chose, mais j'ai dans l'idée qu'il y a comme une inégalité entre ces deux cas.